Marie BERNIÈRES-HENRAUX (1876-1964). L’enlèvement,…

Lot 131
5 000 - 8 000 EUR

Marie BERNIÈRES-HENRAUX (1876-1964). L’enlèvement,…

Marie BERNIÈRES-HENRAUX (1876-1964).
L’enlèvement, 1911.
Élément central d'un surtout de table en bronze et argent, signé sur la terrasse « Bernières-Henraux » et cachet « Cire perdue Valsuani ».
Haut. : 30 cm - Diam. : 45 cm - Poids brut : 10 700 g

Née en Chine à Tien-Tsin en 1876, Marie Bernières-Henraux épouse Jean Bernard Sancholle Henraux en 1897. Ce dernier est issu d’une famille italienne possédant des carrières de marbre à Carrare. Cette découverte de la matière lui a donné l’envie de sculpter, à une époque où il est difficile pour une femme d’être considérée en tant qu’artiste. Marie BERNIÈRES-HENRAUX fut ensuite élève de Rodin.

Si la postérité a estompé l’immense talent de notre artiste, il fut remarqué assez tôt par les critiques : elle exposa au salon des Tuileries (entre 1924 et 1931) et au salon des Indépendants (de 1928 à 1930).
Edmond Jaloux, dans la revue « L’Art et les artistes » de juillet 1923, l’encense alors en ces termes : « On peut dire de Madame Bernières-Henraux qu’elle modèle aussi bien avec son esprit qu’avec ses mains, et c’est ce qui lui fait une place si particulière et si originale dans la sculpture contemporaine ».

À l’origine composé d’une vingtaine de statuettes sous la forme d’un surtout de table, "l’Enlèvement" est la seule pièce répertoriée et redécouverte aujourd’hui.

La créativité de l’artiste réside dans la réinterprétation du sujet traditionnel de l’Enlèvement amoureux. L’accaparement passionnel d’un autre corps, auquel les artistes comme Le Bernin (L’Enlèvement de Proserpine, 1624) ou Giambologna (L’Enlèvement des Sabines, 1579-1583) nous avaient habitué, laisse place dans notre œuvre à un enlèvement tendre, érotique. L’acte violent est atténué par l’allongement des formes et l’élégance de la ligne.

L’artiste s’ancre également dans la tradition des surtouts de table. Apparus au XVIIe siècle, ils servirent à l’origine à présenter quelques objets destinés au service tels que les huiliers, les vinaigriers ou les salières. Au cours du XVIIIe siècle, ils perdent leur aspect fonctionnel pour devenir des objets décoratifs, prétextes à l’extase esthétique des convives.

Conjugué à la tradition artistique, Marie Bernières-Henraux inscrit pourtant "L’Enlèvement" dans la modernité qui marque ce début de XXe siècle. Elle allie le mouvement vigoureux de la ronde à la matière vibrante travaillée aux doigts, dont les traces donnent toute sa puissance à l’œuvre.

La présentation au public de cet ensemble allégorique semble alors avoir forcé l’admiration. L’œuvre que nous présentons est illustrée dans la Revue de l’Art décoratif en 1911 et décrite en ces termes par Fernand Roches « ce surtout de table est un travail décoratif considérable où rien n’évoque les virtuosités commodes du praticien, mais où tout est assiduité et construction ».

À la préciosité du matériau, il faut également associer le travail de l’illustre fondeur Valsuani. Réputée pour la qualité de ses fontes à la cire perdue, la fonderie a collaboré avec les plus grands artistes tels Edgar Degas, Antoine Bourdelle, François Pompon, Auguste Rodin, Pablo Picasso…

Son œuvre est présente tant dans les collections publiques (musées de Tours, Toulouse et Périgueux) que particulières.

Bibliographie de l'artiste :
Fernand Roches, Marie Bernières-Henraux, Revue L’art décoratif, janvier-juillet 1911 (t. XXV), p. 269-274 ;
Edmond Jaloux, La sculpture de Madame Bernières-Henraux, Revue L’art et les artistes, juillet 1923, p. 389-392 ;
Anne Rivière, Dictionnaire des sculptrices, 2018, éd. Mare et Martins arts, p. 75.

Poids :
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue